Considérations du jury
Après l’examen approfondi des dossiers puis l’étude des six projets retenus pour le second degré du concours, le jury désigné par le Conseil d’Etat a siégé dans un climat de parfaite autonomie et hors de toute pression. Composé d’une majorité de membres dotés des qualifications professionnelles équivalentes à celles exigées de la part des participants, le jury, dans son appréciation d’ensemble, se félicite de la qualité des travaux qui lui ont été soumis, grâce en particulier au travail considérable fourni par les 28 concurrents.
A l’aune de la diversité des projets rendus, le jury a pu constater la pertinence et le niveau élevé des propositions faites par les concurrents. A l’heure où les jeux sont faits, après deux longues journées riches de débats fructueux, il lui plaît de constater, une fois encore, que le choix du concours d’architecture pour la recherche de solutions de qualité est non seulement une démarche pertinente mais nécessaire. Ainsi le jury, après des délibérations sereines, tient à
remercier l’ensemble des intervenants, architectes, utilisateurs et experts. Il souligne combien l’excellente préparation du concours a facilité sa tâche.
Les autorités sont unanimes à vouloir réinstaller dans ce lieu chargé d’histoire plusieurs défis constructifs et architecturaux. Elles souhaitent une construction en résonance avec le bâti historique et la satisfaction des exigences contemporaines, ceci dans une perspective de développement durable, afin de marquer la volonté de renouveler le lien démocratique liant le peuple à ses institutions.
Pour le jury, la manière dont le nouveau parlement touche à la silhouette de l’ensemble médiéval de la cité a fait l’objet de discussions très approfondies.
Dans le second degré, deux typologies ont été retenues : l’une qui présentait une salle de parlement située bien au-dessus de l’ancienne salle, dégageant surfaces et volumes pour les pas perdus et les locaux attenants. L’autre typologie consistait à placer la nouvelle salle au même niveau que l’ancienne, tout en s’inscrivant dans un débordement du socle médiéval. Le jury a méthodiquement analysé les deux typologies en explorant leurs potentialités,
leurs valeurs spatiales et géométriques. A ce degré d’examen, les questions de la disposition, du dimensionnement, des accès de la salle parlementaire avec ses pas perdus et ses locaux attenants ont fait l’objet d’une attention toute particulière. Force a été de constater que nombre de concurrents retenus, auteurs de projets par ailleurs intéressants, ne sont pas parvenus à particulariser ce qui fait la nature d’un parlement par rapport à une salle de conférence classique, ni à répondre aux conditions fonctionnelles et aux conditions « énergétiques et environnementales » réaffirmées pour le second degré.
Après une relecture historique des lieux, le jury a constaté que, malgré le portique néo-gothique rajouté par Perregaux, le bâtiment du Parlement était en « fond de cour », qu’il fallait le chercher depuis la place du Château après la surélévation créée pour l’Esplanade et qu’il y avait lieu de trouver la meilleure synthèse entre la volumétrie, les composantes historiques réemployées et les exigences d’un parlement moderne, afin d’enrichir et non de perturber l’harmonie existante.